Ecrire, ça sert à couper des arbres.

J’aime penser que tout ceci touche à sa fin. Ce massacre, cette obscurité, ce grand malentendu entre nous. Nous sortirons bientôt de nos cavernes pour y découvrir des vérités bien plus grandes, bien plus belles que celles sur lesquelles reposent notre civilisation. 

Je suis un grain de sable. Bientôt nous serons plage. 

J’ai envie de me taire. De laisser le monde bruire sans moi. Ne pas rajouter un mot de plus au blabla incessant. Je m’oppose à tout ce déluge de fausses vérités, je me fiche de vos avis sur la question. 

Ce que je voudrais entendre, c’est le vacarme des grenouilles le soir, le concert des grillons la nuit, l’opéra des rossignols du lac, les chouettes hulottes, les choucas, les petits et les grand duc, les rats musqués, les hérissons, les musaraignes. Tous les animaux qui sont forcés de vivre la nuit pour ne pas être perturbés par nos activités tapageuses. 

Il y en a tant d’autres. Moi y compris. Nous avons pris tout l’espace, nous occupons la terre comme on occupe un territoire en guerre. Par la force. Par les armes. Nous habitons la terre comme des conquérants. Nous sommes les seuls nuisibles ici. 

Je voulais entendre la douce mélodie des ruisseaux, mais eux aussi sont partis se cacher sous la surface pour couler plus paisiblement. Je voulais entendre autre chose que le ciel gronder, la glace se briser, les boues se déchainer. Autre chose que cette colère millénaire, des cataclysmes en chaîne, qui ravagent nos espoirs de vivre en opulence. Nous sommes la cause et la conséquence de tout ce chaos. 

Mais cela ne sert à rien de dire, les mots ne suffisent plus. Les actes, et seuls les actes comptent. Tenter de renverser le cours des choses. La machine infernale peut encore s’enrayer. Un petit grain de sable dans les rouages, ce fameux grain de sable. 

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