On me croit douce, mais je peux faire des ravages. Je suis un peu déviante comme fille. On me sait un peu folle mais pas dangereuse. Moi je sais. Je suis une bombe à retardement. Une vraie kamikaze la meuf. Quand je perds espoir que les choses s’arrangent, je peux devenir très méchante. Hier soir, j’ai rempli un questionnaire sur une appli de bien-être.
Juste pour voir, pour rigoler. J’ai été franche, et le résultat était assez franc lui aussi.
Je suis au plus bas niveau de bien-être, je n’ai aucune estime de moi-même et j’éprouve un maximum d’anxiété. Je ne sais pas si ça va m’aider de le savoir, mais merci quand même pour cette réponse à caractère informatif et but non lucratif.
Je ne suis pas tout le temps au plus bas, c’est fluctuant comme tu le sais. Je suis assez sensible aux variations de baromètre, de lune, de président, de décennie, de siècle, de saison… C’est pas facile d’être moi. Selon les lois du reiki, mon âme aurait choisi de se réincarner dans cette vie là pour explorer des choses nouvelles en visant un projet mystérieux. Personnellement je crois qu’il y a eu erreur de casting. J’ai dû me prendre pour une autre, parce que mon corps n’est pas terrible et dans ma tête c’est encore pire.
Si je suis un brouillon, il doit exister la vraie version de moi quelque part. Celle qui fonctionne, celle dont on peut se fier.
C’est dur tout ce que je pense de moi, je sais. Mais je suis la plus au courant de la situation.
Je suis au fait de mes pensées, crois-moi elles sont loin d’être brillantes.
Si on a plusieurs vies sur Terre, est-ce qu’on est obligé d’y retourner ou on peut passer notre tour?
Parfois je trouve ça vraiment compliqué. Quand j’ai mes règles par exemple, que je me vide de mon sang, que mon pantalon a des grosses taches brunes et que je sens la marée. Quand les spasmes de douleur me terrassent, et que j’ai des glaires visqueuses dans le fond de ma culotte.
C’est dégoûtant c’est sûr. Mais c’est NATUREL. On doit aimer ses règles. Ses lunes, comme disent les nouvelles meufs aujourd’hui. On doit aimer saigner tous les mois pour Mother Earth.
Je ne suis pas souvent apprêtée, je ne suis pas vraiment coquette, je ne l’ai jamais été. Je n’aime pas toujours ma tête mais je ne cherche pas à la changer tu vois ?
Je ne suis pas du genre à mettre des filtres partout, du make up pour camoufler.
La vérité sur bambi, c’est qu’on la croit éplorée, elle a perdu sa mère, elle est au fond du trou.
Mais son arme secrète, c’est justement sa douceur de biche. Douce, mais capable du pire si on lui fait encore du mal. Elle ne se laisse plus faire, Bambi. On ne s’y attend pas en la voyant si douce c’est sûr. C’est une bombe de résilience.
Bambi, elle est sur un tas de listes noires, parce qu’elle a décidé qu’elle n’en avait plus rien à cirer justement.
C’est tout ce que j’avais envie de dire sur le mythe de Bambi la douce.
Maintenant je pense à cette lessive que je dois étendre et d’un côté je m’en fiche complet si on a rien à se mettre de propre, mais d’un autre côté j’aime pas sentir le linge moisi. C’est une odeur qui me dérange fortement. Donc je vais devoir laisser une corvée pour une autre. Oui, écrire est une corvée, car quand on fait quelque chose sous la contrainte j’estime qu’il s’agit d’une corvée. Donc je vais échanger cette corvée littéraire contre une corvée domestique. On n’y verra que du feu.

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