Veux-tu bien te taire ?
Te taire pour goûter.
Pour se délecter du silence.
Des ondes vives, des basses vibrations
des volcans endormis.
Je veux entendre tout ce qui vit et ne vit pas
tout ce qui murmure dans le vide, dans le sommeil ou le trépas
tout ce qui tape sur les parois de notre conscience.
Vide aussi, prête à recevoir le message des astres.
Désastre imminent dans l’insondable inconscient.
Je veux retrouver cet état d’être
en silence,
dans la matrice de la vie, reliée au vivant,
aux vivants.
Je me sens résister par peur de ce que je vais trouver.
Je résiste à mes sens, à ceux que je n’ai pas mais qui pourraient encore pousser en moi. Je résiste à l’invisible, l’insondable,
je veux du palpable tu vois.
Je veux toujours pouvoir en rire.
J’ai peur de ne plus pouvoir en rire
lorsque j’aurais ouvert certaines portes.
Certains yeux.
Ne me prends pas au sérieux. Ne pas croire que je vais mieux.
C’est ma prudence. Ma garde folle.
Je l’aime autant que je la hais, je sais qu’elle me préserve, mais elle m’empêche aussi de voir.
Je voudrais la déjouer, me laisser emporter avec prudence.
Me hasarder dans les profondeurs de l’intangible.
Perdre pieds. M’envoler avec témérité.
Mais j’ai peur d’y perdre mon humour. Gardien de mon esprit clair.
Je veux partir en silence, à la dérive, lentement, vers l’inconnu.

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