Blocage interne. Personne ne passe. Demain c’est la grève générale. Je me sens déjà en grève depuis des jours. Je me sens en arrêt total, réfractaire à toute approche, tout affleurement. Je dresse mes barricades, érige mon périmètre de sécurité, je veux être seule à gouverner mon royaume de glaces. Je suis en survie totale sur mon île polaire, où rien ne pousse, rien ne m’atteint. Et puis ça passe, la chaleur revient, je ne sais pas comment, mais la vie renaît toujours dans mon petit jardin. Je prends de sacrés coups de gel.
On sent la merde arriver, on va se prendre une guerre et on ne peut rien y faire. On aura rien fait pour, ni contre d’ailleurs, car on ne peut tout simplement pas. Ma révolte reste bloquée à l’intérieur, elle gronde sourdement, puisque personne n’entend plus dans ce monde. Tout est bruit, tout est non sens. Où est passée notre puissance créatrice ? Notre élan vital ? Nous nous laissons éteindre docilement. Je suis docile aussi, comme tous ceux qui ne font rien. Mais il n’est plus temps de faire, on peut espérer passer au travers, c’est tout. On peut espérer, oui. Et espérer c’est attendre. Mais attendre quoi exactement ? Attendre la fin de ce monde ? Le début d’un nouveau ? Cette passivité me coûte cher. Je préfère l’action créatrice. Je ne voudrais pas voler l’espoir de mes contemporains. Donc le tien.
Je voudrais croire qu’un avenir est possible, mais pour cela il faudrait ouvrir les portes qui sont scellées dans nos cerveaux. Faire péter les verrous, laisser la lumière rentrer.
On doit pouvoir y arriver. Mais ça risque de prendre encore beaucoup de temps. Temps dont on ne dispose pas.
Nous allons perdre, et c’est très bien comme ça. Cela nous remettra à nos places de sapiens des plus communs. Mais pour qui sera la victoire ? Pour minus et cortex bien sûr.

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