Comment suis-je passée de cette enfant au visage d’ange, avec ses nattes blondes et sa peau dorée de vahiné, à cette femme lessivée, qui tente de ne pas s’étouffer sous un plaid sentant le caniche, le regard vide dès 19h30 ?
La vie est rigolote. Souviens-toi Bambi. Youpi disait ça. Il était sacrément con !
Cette année j’avais décidé de ne plus être triste. Il n’y a pas une seule année où je fais ce que j’ai décidé.
C’est pas moi, c’est le monde, c’est la société, c’est la politique, c’est la loi de l’attraction, c’est les vortex, c’est la magie des amulettes, c’est la force des liens transgénérationnels, c’est les hormones du désir, c’est le temps relatif. Tout ça fait que je ne peux être heureuse dans ce monde. Comment sera le prochain?
Il est peut-être temps d’arrêter de miser sur d’autres humains que moi. Il reste une seule feuille sur cet arbre, elle doit se sentir bien seule. Qu’est-ce qui fait qu’elle résiste ? Est-ce qu’une feuille a ses raisons ?
Comment ne pas perdre la raison.
Tout s’accélère, le monde s’affole, les humains qui tentaient encore d’être heureux sont mortifiés par ce qui arrive. Mais pourtant ils résistent, ils tiennent encore sur leurs jambes de bipèdes, ils câlinent et protègent leurs petits, ils mentent aussi. Pour maintenir l’espoir.
Mentir ou espérer, c’est à peu près la même chose.
Cette boule dans ma gorge n’est pas un kyste, ni un ganglion, ni une tumeur, mais cette nouvelle réalité que je ne parviens pas à avaler. Trouble de la déglutition.
Ma vie est un trouble permanent.

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