Dans un monde rêvé, je vivrais toujours dans la douceur de l’été, la nature serait ma bienfaitrice. Je n’aurais qu’à tendre le bras pour cueillir un fruit gorgé de soleil, je serais donc végétarienne. J’irais me baigner plusieurs fois par jour, je ferais l’amour tout autant de fois, sur une couche sentant l’après soleil à la noix de coco. Entre deux baises, je travaillerais sur mes écrits, mes lectures, m’enivrant de récits de toutes les sortes. Je serais la plus heureuse, tu sais ?
Mais trois mois plus tard, je rêverais sûrement de pays froids, de lumières artificielles et de bars nocturnes. Je voudrais retourner au Café Chéri, m’enivrer avec mes amis et ne plus retrouver le chemin de la maison. Parce que je suis ça aussi. Une ancienne fêtarde qui essaie de rester sobre, mais qui cède parfois aux appels de la fête. De moins en moins cela dit. Je vieillis. Ces hésitations, ces contradictions font de moi quelqu’un de pénible. Eternelle insatisfaite, balance de signe astrologique, vouée aux choix de merde. Mon épitaphe, “Elle aimait tout et son contraire” mettra tout le monde d’accord à mon sujet. J’aime explorer des chemins cabossés. J’aime les lézardes, les interstices, les failles dans les falaises. Là où les chemins s’arrêtent net, nous laissant avec peu de choix, bien souvent radicaux. J’aime être obligée de prendre un risque. Intrépide par goût, parce que ma nature, elle, est une grosse fainéante. Alors je provoque des situations qui vont m’obliger à changer radicalement, à me mettre en mouvement. A faire des folies. Je suis un chat qui se mord la queue pour se rappeler qu’il en a une.

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